Après plusieurs jours de canicule, une vaste dégradation orageuse a traversé la France les 15 et 16 juillet 2026. Notre réseau européen de détection de la foudre a enregistré 32 489 éclairs nuage-sol sur la France métropolitaine en seulement 48 heures, soit 23,3 % de toute l’activité nuage-sol observée depuis le début de l’année.

Le point culminant de cette séquence a été atteint le 16 juillet, avec 20 379 éclairs nuage-sol détectés, faisant de cette journée la plus foudroyée de l’année 2026 en France.

L’Auvergne-Rhône-Alpes, la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine figurent parmi les régions les plus touchées. La Bretagne se distingue particulièrement puisque les seules journées des 15 et 16 juillet représentent 64 % de toute l’activité nuage-sol enregistrée dans la région depuis le début de l’année.

Mais au-delà des chiffres, cet épisode illustre surtout la capacité des orages à affecter simultanément de nombreux secteurs d’activité : réseaux électriques, transports, événements accueillant du public, activités extérieures, infrastructures sensibles ou encore secteur de l’assurance.

En quelques heures seulement, cette séquence a entraîné de nombreuses conséquences sur le territoire : plus de 53 000 foyers privés d’électricité, plus de 600 interventions des secours, des dégâts liés à la grêle et aux vents violents, des perturbations des transports ainsi qu’une tornade observée dans la Loire.

Cette séquence rappelle également une réalité souvent méconnue : un risque important peut exister même en dehors des niveaux de vigilance les plus élevés. L’un des décès recensés est ainsi survenu dans un département placé en vigilance jaune.

Cette observation rejoint les conclusions de notre [étude] menée avec l’École nationale de la météorologie (Météo-France) sur plus de dix ans d’accidents liés à la foudre en Europe. Nos travaux montrent que la majorité des accidents surviennent lors d’épisodes d’intensité faible à modérée, souvent sous vigilance jaune. Ils montrent également que neuf orages sur dix ayant causé des accidents pouvaient être anticipés, souvent plus de 30 minutes à l’avance.

Alors, quelles conditions atmosphériques ont conduit à un niveau d’activité électrique aussi exceptionnel ? Comment le 16 juillet est-il devenu la journée la plus foudroyée de l’année ?

Dans cette étude, Joris Royet, Weather Project Manager chez Meteorage, revient sur :

  • les chiffres clés de l’épisode ;
  • les mécanismes météorologiques à l’origine de cette séquence ;
  • le développement de supercellules accompagnées de grêle et de vents violents ;
  • les enseignements de notre étude sur les accidents liés à la foudre et l’anticipation du risque.